Dès les époques les plus anciennes, la
femme égyptienne a joué un rôle important dans la
religion. Que ce soit dans les mythes relatifs à la création
du monde, parmi l'univers des divinités ou dans les temples du
culte, nous la retrouvons aux différentes périodes de la
Civilisation Egyptienne.
Avant d'ouvrir la première page du sujet, je voudrais citer un
texte de Joyce Tyldesley qui me paraît judicieux et à garder
en mémoire:
"Nous avons beau disposer de documents écrits et de
divers témoignages archéologiques relatifs aux rites
sacrés, nous ne devons pas oublier qu'il s'agit seulement
de signes extérieurs ou matériels de la foi. Si
la tentation est grande de prêter aux Egyptiens des émotions
et des idées qui sont les nôtres dans l'espoir de
pouvoir comprendre leur logique et leurs sentiments, ce serait
une erreur d'y céder. Que l'on imagine les problèmes
rencontrés par l'archéologue du XXIIe siècle
qui tenterait de saisir toutes les nuances de la doctrine chrétienne
en s'appuyant juste sur la Bible et sur les vestiges de quelques
églises, et l'on percevra sans doute mieux l'ampleur du
défi représenté par l'étude des religions
de jadis...
Au cours de la période dynastique, la vie spirituelle
s'organisait autour de plusieurs pôles distincts...
les deux principaux, aisément identifiables, étaient
la tradition officielle ou majeure, représentée
par la théologie de l'Etat et son administration, et la
tradition officieuse ou mineure, qui regroupait sous le nom de
magie, de superstition ou de sorcellerie, des pratiques moins
respectables...
On a constaté que dans les sociétés régies
par une religion officielle puissante à la théologie
complexe, des cultes moins élaborés se développaient
souvent parmi la population, qui adapte et interprète certaines
facettes du courant de croyance principal en écartant les
autres. C'est particulièrement le cas où la tradition
majeure est essentiellement masculine, contrôlée
par une élite d'hommes instruits, éloignés
des préoccupations quotidiennes de la plupart des femmes.
Alors que leurs compagnons ont la possibilité de satisfaire
leurs aspirations religieuses en adhérant à la théologie
de l'Etat, elles sont généralement exclues d'une
participation active aux rites de leur foi, et privées
des moyens d'appréhender la doctrine; d'où la nécessité,
pour elles, de développer les traditions mineures, ou "croyances
de femmes", afin de répondre à leurs exigences
spirituelles sans pour autant délaisser la religion officielle.
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(
Joyce Tyldesley: "Les
Femmes dans l'ancienne Egypte. Les filles d'Isis" )
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Les sources de documentation au sujet des divinités de l'époque
pharaonique sont nombreuses:
- les Textes des Pyramides qui ornent les parois des tombes des rois
et reines des Ve et VIe dynasties
- les Textes des Sarcophages qui décorent les parois des cercueils
de personnages importants du Moyen Empire
- les temples et leur décoration faite de scènes représentant
notamment le roi face à des divinités
- des textes profanes dont le but n'est pas cultuel mais où
les dieux sont présents
- des documents littéraires comme les contes ou les textes de
"sagesse"
- des hymnes, des textes mythologiques et magiques
Mais il n'existe pas d'inventaire complet des dieux, établi par
les Egyptiens. La tâche eut été difficile car les
divinités changent de nom selon les circonstances. Il existe bien
quelques répertoires mais ils sont limités à un certain
contexte: par exemple, la tombe de Ramsès VI comporte une liste
des dieux de la Douat
(monde inférieur), une sorte de "Bottin des enfers" comme
le qualifie C. Traunecker. A une époque plus tardive, on trouve
aussi une liste de divinités sur les parois du temple d'Amon d'Hibis
(dans l'oasis de Kharga) mais il s'agit de dieux honorés dans les
grands centres, regroupés par nomes et non pas de la composition
de tout le panthéon.
Mon ambition sera, ici, de répertorier le plus grand nombre possible
de déesses égyptiennes et de montrer les différents
aspects de leur personnalité. La liste ne pourrait être exhaustive...ne
m'en veuillez pas !
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