| Remarque importante quant à la chronologie:
les dates-limites des grandes périodes de l'Histoire Egyptienne
Antique sont relativement imprécises surtout pour les 2e et
3e millénaires av.JC. Cette imprécision est liée
tantôt à un manque de documents, tantôt à
la manière de dater à l'époque (en fonction du
début du règne de chaque roi). Aussi peut-on trouver
des variations importantes entre différents auteurs. J'ai repris,
ici, la chronologie de Michel
Guay, établie en 1997. |
Pendant la période thinite...
( 3100 - 2647 av.JC ) |
| Dès l'époque Thinite, le rôle
de l'épouse du roi dans la transmission du pouvoir est établi:
elle est "celle qui unit les deux seigneurs", "celle
qui voit Horus et Seth" et qui est "la mère des enfants
royaux". |
| Neithhotep |
" Que
Neith soit apaisée!" Tel est le nom de l'épouse
de AHA, premier pharaon de la 1e dynastie.
On suppose qu'il a organisé le pays récemment unifié
en se conciliant le Nord ainsi que le suggère le nom de son
épouse. En effet, la déesse Neith était honorée
à Saïs, dans le Delta. Le tombeau de Neithhotep a été
retrouvé à Nagada et on y a découvert une tablette
portant le nom de AHA.
La succession du pharaon n'est pas très claire et il est
possible que la reine ait exercé la régence, peut-être
sous le nom de ITI, pendant la minorité
du successeur, Djer, fils d'une concubine.
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merneith
=meretneith
=meryet-neith
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" L'aimée
de Neith! " serait la fille de djer.
On a retrouvé son tombeau dans la nécropole royale
d'Abydos (Flinders Petrie, 1900). Pour les uns, elle fut la femme
puis la veuve de Djer et pour les autres,
elle était l'épouse de son successeur, Ouadji.
Mais les documents affirment qu'elle fut la mère de Den,
quatrième roi de la dynastie. On ne sait si elle a vraiment
régné mais il se peut qu'elle ait exercé la
régence pendant la minorité de Den
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A Abydos, une stèle de pierre
porte son emblème (le bouclier et les flèches
croisées sont le symbole de la déesse Neith).
Elle y possède aussi une zone rituelle à côté
de celles de cinq autres rois.
Elle a également un grand mastaba à Saqqara
(n°3503) où son nom est inscrit sur de la vaisselle
en pierre, des vases et des empreintes de sceaux.
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Il est certain qu'elle fut une personnalité
importante, au statut comparable à celui d'un roi. Cependant,
il est probable que selon la mentalité des anciens Egyptiens,
sa situation royale ne fut jamais acceptée ni reconnue.
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nimaâtapis
=nemathap
= Ny-hépet-Maat
|
" le
gouvernail appartient à Maât ". Epouse
de Khasekhemwy, cinquième roi de
la IIe dynastie, elle était issue d'une lignée royale
du Nord. On sait peu de choses d'elle sinon qu'elle fut qualifiée
de "mère porteuse de rois" et qu'elle est considérée
comme l'ancêtre de la IIIe dynastie. Elle donna naissance
à Djoser dont on ne sait exactement
s'il fut le frère ou le fils de Nebka,
premier roi de la IIIe dynastie.
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Pendant l'Ancien Empire...
( 2647 - 2140 av.JC ) |
Cette dynastie est moins bien connue que les
deux précédentes et nous ne possédons guère
de renseignements quant aux femmes qui y ont participé. Nimaâtapis,
mère de Djoser échappe
à l'anonymat en tant qu'aïeule de cette dynastie.
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| Meresânkh i |
mère de Snéfrou,
fondateur de la IVe dynastie, n'était pas de sang royal. Elle
fut peut-être une concubine de Houni. |
| La généalogie de cette dynastie est
particulièrement complexe. Si vous vous y perdez, je vous conseille
d'aller faire un petit tour
ici et là.
La lecture de l'ouvrage de Nicolas
Grimal est, elle aussi, fort utile pour s'y retrouver. |
| Hétephérès I |
fille d'Houni,
elle épousa son demi-frère Snefrou
et fut la mère de Cheops, dont
elle légitimisa ainsi le pouvoir.
Sa tombe fut découverte, sur le plateau de Guizeh, en 1925,
et livra une grande richesse d'objets destinés à sa
survie dans l'au-delà.
Sa titulature était: "Mère
du roi de Haute et Basse-Egypte, compagne d'Horus, supérieure
des bouchers de la demeure de l'acacia, pour laquelle est accompli
tout ce qu'elle formule, fille du dieu, de son corps, Hétep-Hérès".
La demeure de l'acacia fait allusion au mystère de la résurrection.
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hétephérès ii

|
fille de Cheops.
Elle épousa d'abord Kawâb,
fils héritier de Cheops mais devint
rapidement veuve suite à l'assassinat de son mari (on pense
qu'une rivalité pour la succession fit s'affronter l'héritier
officiel et son frère, Djedefrê).
De cette union naquit Meresankh III qui
épousera Chéphren..
Elle épousa ensuite un autre de ses frères, Djedefrê
(qui serait responsable de la mort
de Kawâb !), dont elle eut une fille:
néferhétepès,
mère possible de ouserkaf (premier
roi de la Ve dynastie)..
Après le décès de Djedefrê,
elle devint la femme du vizir Ankhhaf.
La reine s'était fait construire un mastaba
dans la nécropole de Guizeh et y avait fait aménager
un sarcophage de granit noir. Elle fit don de l'ensemble à
sa fille Meresankh III qui décéda
de manière inopinée. Pour elle-même, elle fit
faire un nouveau mastaba, très simple, non décoré
et nettement moins luxueux que celui qu'elle avait donné
à sa fille.
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| meresankh iii |
fille de
Hétephérès II et de Kawâb.
Elle fut l'épouse de Chephren dont
elle eut un fils: Nebmakhet.
Sa tombe est célèbre par la richesse
de sa décoration. De plus, on y a trouvé un groupe
sculpté qui a fait couler pas mal d'encre.
| Dix femmes, d'âges divers, allant
de l'adolescence à l'âge adulte. On s'est perdu
en conjectures pour expliquer cette fresque. |
Par recoupement avec les découvertes faites
dans d'autres tombes, il semble que l'on puisse proposer que ce
groupe représente une succession de femmes influentes pendant
la IVe dynastie, à savoir: en commençant par la droite,
Hétephérès II et ses deux filles dont
Meresankh III; ensuite, les filles de
Meresankh III: Rekhetre, Chepsesetkou et Khenet-Kaous
I; enfin, la fille de cette dernière, Hemetre
et ses enfants: Khenet-Kaous II, Meresankh IV
et Hétephérès III.
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khenet-kaous I
=khentikaous
=khentykaous |
Fille de Djedefhor
(frère de Djedefrê, de Kawâb
et de Hétephérès II),
elle épouse Chepseskaf, fils de
Mykerinos, qui sera le dernier roi de
la IVe dynastie. Ce mariage devait, sans doute, resserrer les liens
entre les deux branches de la famille royale.
Sa tombe est connue, depuis 1932, sur le plateau de Guizeh: elle
se situe entre les rampes d'accès des pyramides de Chephren
et de Mykerinos. Elle a la forme d'un
énorme sarcophage et a longtemps été qualifiée
de "la quatrième pyramide inachevée" avant
qu'on ne comprenne qu'il s'agissait d'un autre concept funéraire.
Chepseskaf, lui-même, se fera construire
une tombe de cette forme à Saqqara-Sud.
tombe-sarcophage
de Khent-Kaous à Guizeh |
Son complexe funéraire est le plus grand
jamais trouvé pour une reine, pendant l'Ancien Empire. Certains
y ont vu l'attribution de prérogatives royales et ont pensé
qu'elle avait réellement régné. Une polémique
est née de cette idée et les inscriptions de sa tombe
n'ont pas permis de clore la discussion. De toute manière,
il est évident qu'elle fut une reine très importante
et peut-être une régente, à défaut de
monarque.
Les inscriptions trouvées dans sa tombe
indiquent qu'elle fut "mère de deux rois de Haute- et
Basse-Egypte", probablement Sahourê
et Néferirkarê. Elle fut
considérée comme l'ancêtre de la Ve dynastie.
D'aucuns ont même voulu voir en elle, la Redjedet du Papyrus
Westcar et donc la mère des trois premiers rois de la
Ve dynastie (Ouserkaf s'ajoutant aux deux
premiers). Une autre version fait de Ouserkaf
le fils de Néferhétepès,
et le petit-fils du couple Hétephérès
II - Djedefrê.
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Peu de renseignements sur les reines de cette
époque nous sont parvenus: seulement quelques noms.
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| khentkaus II |
épouse de Neferirkare
et mère de Isi qui régnera
pendant 7 ans, ainsi que de Ini qui succédera
à son frère. |
| khenut |
épousera Ounas,
dernier roi de la Ve dynastie et aura une fille, la princesse
Iput. |
| iput |
fille de Ounas
et Khenut, elle épouse
Teti, légitimisant ainsi l'accession au trône
de ce dernier. De leur union naîtra Pépi
I. Il est possible qu'elle ait assuré la régence
pour le compte de son fils, encore trop jeune pour régner
lorqu'il accéda au trône. |
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Dès les années 1930, les fouilles
menées aux alentours de la tombe de Pépi
II avaient permis de découvrir les pyramides de certaines
reines de cette dynastie. On revient à certaines traditions
de la IVe dynastie avec la construction de pyramides plutôt
que de mastabas pour les reines.
Plus récemment (de 1966 à 1988), les recherches archéologiques
se sont organisées autour de la pyramide et du temple funéraire
de Pépi Ier , à Saqqara-Sud.
On y a retrouvé les pyramides de quatre de ses épouses
et d'au moins deux épouses de son successeur. A la différence
du pharaon, contraint par sa nature divine, la reine montre plutôt
ses liens familiaux, dans sa tombe: sa descendance ("mère
du roi"), son alliance ("épouse du roi") et,
parfois, son ascendance ("fille du roi").
Il est difficile d'appréhender cette période de l'histoire
des reines égyptiennes car on rencontre beaucoup d'imprécisions
quant à leurs multiples noms et leurs relations familiales.
Je présente, ici, une filiation basée sur une compilation
de toutes les lectures que j'ai pu effectuer mais qui pourrait être
revue sur base de nouveaux éléments.
A partir de cette VIe dynastie, on ajoute au titre de la mère
du roi, de son épouse et de ses filles, le nom de la pyramide
du souverain: "mère de la pyramide", "épouse
de la pyramide".... elles exercent une protection magique sur
le monument.
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| inenek / inti |
épouse de Pépi
I. Son existence était inconnue avant la découverte
de sa pyramide. L'ampleur de son complexe funéraire suggère
qu'elle a joué un rôle important. Elle porte en effet,
le titre de "vizir". De plus, on a découvert certains
témoignages de piété devant son temple et on
peut penser qu'elle a été l'objet d'un culte. |
| Noubounet |
autre épouse de pépi
I, dont la pyramide est accolée à celle de inenek/inty. |
| mehaa |
encore une épouse de
pépi I, totalement ignorée avant la découverte
d'une inscription et d'une représentation dans la tombe de son fils, Horneterikhet. Celui-ci,
vraisemblablement mort avant d'avoir pu accéder au trône, est conduit dans la tombe par sa mère (travaux de la Mission archéologique française de Saqqara - 1999). |
ankhesenmerirê I
= Ankhesenpepi I |
fille de Khoui,
noble d'Abydos. Elle est la première épouse de
Pépi I
et aura deux enfants: Merenrê
I (= Namtiemsaf I)
et Neit. On
sait peu de choses sur cette reine mais le choix, par le pharaon,
de faire alliance avec une famille d'Abydos correspond probablement
au désir de se rapprocher de la Moyenne et de la Haute Egypte,
cruciales pour les voies caravanières. Les faveurs de Pépi
I pour la famille de Khoui
vont plus loin puisque le frère de la reine, Djâou,
sera nommé vizir et que sa soeur deviendra également
épouse du pharaon. |
ankhesenmerirê ii
= Ankhesenpepi II
= ankhenespépi ii
= ankhesen
= ankhnes-méryré |
soeur de la précédente,
elle lui succède en tant qu'épouse de Pépi
I et donne naissance à pépi
II. Son complexe funéraire est d'une ampleur exceptionnelle
et démontre qu'elle a joué un rôle très
important. Parmi ses titres, on a la surprise de découvrir
celui d'épouse de Merenrê I.
Devenue veuve de Pépi I, elle aurait
donc épousé son neveu. Dès lors, on comprend
son importance puisqu'elle fut l'épouse de deux pharaons
et la mère d'un troisième. De plus, lorsque son fils,
pépi II, accéda au trône,
il était trop jeune pour régner (il n'avait que 6
ans). Elle assura donc la régence pendant un certain temps.
Mieux encore, dans sa tombe, on a trouvé des Textes de Pyramides,
destinés à lui ouvrir la voie de l'éternité
parmi le monde des dieux:
Debout, ôte la terre qui est sur
toi, secoue la poussière qui est sur toi, dresse-toi
pour le voyage...Tu ne périras point. Ton nom demeurera.
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Ankhensenpepi II gouverna comme un pharaon
et, à ce titre, réclama le droit à l'immortalité
créant une version pharaonique à l'égalité
des droits entre les sexes.
On a retrouvé d'elle, une statuette la représentant
avec son fils Pépi II sur les genoux.
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Cette statuette en albâtre est conservée au
Musée des Arts de Brooklyn, aux Etats-Unis.
L'enfant-pharaon est figuré comme un adulte mais
représenté en petite taille, pour suggérer
qu'il est encore un enfant.
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