Dans les différentes cosmogonies égyptiennes, expliquant
la création du monde, on trouve aux côtés du démiurge
, une déesse parèdre qui donne naissance à un enfant
divin. Dans tous ces mythes, la complémentarité des deux
sexes est fondamentale et nécessaire à l'équilibre
cosmique.
| "Dans les sphères divines, l'élément
féminin, bien loin d'être passif, va donc être
l'associé, le partenaire, le protecteur souvent, le fauteur
de troubles parfois, aimable ou, s'il le fallait, agressif ou encore
truculent, étant toujours la bonne mère et aussi parfois
provoquant la joie des dieux" CHRISTIANE DESROCHES NOBLECOURT |
Ainsi, dans la cosmogonie héliopolitaine, le dieu créateur
(qui s'était autocréé et portait en lui les principes
masculin et féminin) donne vie, par masturbation, au premier
couple divin (Shou et Tefnout).
Le Pharaon représente le monde divin sur terre et sert d'intermédiaire
entre les dieux et les humains. Il est investi d'une fonction divine.
De nombreuses femmes l'entourent mais deux d'entre elles ont un rôle
prépondérant: la "Grande Epouse Royale" et la
"Reine-Mère". Elles sont les seules à être
considérées comme les reines et se distinguent des autres
par leurs titres et leurs attributs.
A l'image de son importance dans la mythologie, la femme joue aussi
un rôle essentiel dans la royauté:
| On considérait que c'était elle
qui véhiculait "la divine substance" et la transmettait
à l'enfant royal |
Cela suggère qu'elle était, elle-même, fille de
pharaon et qu'en épousant le futur roi, elle transmettait le
sang divin aux enfants nés de leur union et ce, même si
son époux n'était pas d'origine royale lui-même.
Evidemment, la situation idéale était celle dans laquelle
le couple pharaonique était frère et soeur (ou demi-frère
et demi-soeur) afin de préserver l'héritage divin. En
fait, ce comportement ne faisait que reproduire celui des dieux (Shou
et Tefnout, Geb et Nout, Osiris et Isis).
Au fil de l'histoire de l'Egypte pharaonique, on trouve
de nombreux exemples à peu près certains de ces mariages
"incestueux" entre frère et soeur. Une autre relation
incestueuse rencontrée dans ce monde des souverains, était
celle entre père et fille. Peut-être les pharaons dont
les épouses n'étaient pas d'origine royale, voulaient-ils
transmettre à leurs filles un peu de leur essence sacrée
et transmettre à leurs héritiers le sang divin. Nous qualifions
ces rapports d'"incestueux" par rapport aux normes de notre
société occidentale actuelle mais, en réalité,
dans la conception des Egyptiens anciens, ils étaient rituels.
Il fallait préserver la nature divine du roi.
"Pharaon, c'est le démiurge incarné,
c'est Atoum, parfois aussi Rê; et son épouse, c'est
Mout, Isis, Hathor, mais aussi Tefnout, sa fille-épouse...et
sa "main". On aborde alors la version la plus réaliste
de la création où la compagne de Rê finit par
être appelée Nebet-Hetepet (on pourrait traduire par:
"la maîtresse de la satisfaction") après
qu'elle eut pris l'aspect de Iousaâs, celle qui révèle
le dynamisme du créateur et dont le nom évoque l'image
la plus réaliste de l'éveil de la verge divine. Iousaâs
signifie: elle marche, elle croît."
CHRISTIANE DESROCHES NOBLECOURT |
Le rôle de reine-mère
Elle apparaît fréquemment
dans des reliefs de temple ou sur des stèles, en compagnie de
la "Grande Epouse Royale" , suivant le roi qui accomplit un
rite. Toutes deux font des offrandes à une divinité ou
secouent un sistre.
Certaines scènes, dans les
temples, montrent la naissance divine du roi. La future mère
du roi y reçoit la visite du dieu Amon-Rê qui apparaît
sous la forme de l'époux royal. A la suite de cette rencontre,
elle donnera naissance à l'héritier du trône. Le
successeur du roi peut ainsi dire qu'il est le fils d'Amon-Rê
et ceci confère également une grande importance à
la "mère du roi". Evidemment, ces scènes ne
pouvaient être réalisées qu'a posteriori, lorsque
le successeur était connu et avait été couronné.
Il s'agissait d'une sorte de légitimisation du successeur.
Pendant la jeunesse de l'enfant-royal,
futur pharaon, la mère peut avoir beaucoup d'influence sur lui.
On connaît plusieurs cas où elle exerça la régence
lorsque son fils devint roi trop jeune.
Le titre de "mère du roi"
ne signifie pas nécessairement qu'il s'agit de la mère
biologique. Il peut concerner une filiation spirituelle. Son devoir
était, avant tout, de transmettre l'énergie issue du monde
divin. Pour cette raison, elle est fréquemment présente
aux côtés de Pharaon lors des cérémonies
rituelles.
Les pharaons apportèrent beaucoup
d'attentions à leur mère : on en garde pour témoignage
la magnificence avec laquelle elles furent enterrées.
le rôle de
la Grande Epouse Royale
La fonction de la reine est complémentaire de celle du roi.
L'un ne peut pas exister sans l'autre. Elle est très importante
sur le plan rituel mais on ne sait pas quel pouvoir elle peut réellement
exercer.
Les héritiers de la couronne doivent être fils de la Grande
Epouse Royale. Cependant, un prince né de la rencontre du roi
et d'une épouse secondaire, peut accéder au trône
mais il doit se faire légitimiser, par exemple en épousant
l'une de ses demi-soeurs issues du couple royal (cf. supra).
On sait qu'elle jouit d'une certaine indépendance économique
et qu'elle dispose de serviteurs dévoués tant masculins
que féminins. En fait, elle a à sa disposition tout ce
qui pourrait apporter le pouvoir à une femme ambitieuse. Mais
tout ce que l'on apprend des sources disponibles, est que normalement,
l'exercice de la royauté n'est pas accessible aux femmes, que
la reine est le complément de la divinité du roi et que
sur le plan idéologique, elle incarne le principe féminin
universel au travers duquel le roi peut se régénérer
lui-même. En pratique, elle "fournit" les héritiers
potentiels du trône.
La Grande Epouse Royale tient également un rôle religieux.
Elle ne se contente pas d'accompagner le Pharaon pendant le culte officiel
et ce, dès l'Ancien Empire.
Au Moyen Empire, quelques dames des classes supérieures ont été
"épouse du dieu" et la première à avoir
officiellement porté le titre, est la dame Iimérèt-Nébès.
On possède une statuette la représentant dans une tenue
mettant particulièrement en valeur sa féminité.
|
La dame Iimérèt-Nébès, Epouse
Divine.
Moyen Empire.
Elle porte une tunique très fine qui moule tellement
bien son corps qu'elle paraît nue. La perruque, élément
de séduction, est amovible.
On ignore de quel dieu elle était l'épouse terrestre
mais il ne persiste aucun doute quant à ses capacités
à stimuler les potentialités créatrices
divines !
(d'après C. Desroches Noblecourt)
|
Au début de la XVIIIe dynastie, la Grande Epouse Royale porte
souvent le titre de Hémèt-Nétèr
c'est-à-dire "Epouse du dieu" indiquant
qu'elle a une fonction dans le culte d'Amon qui est devenu le dieu prédominant.
Elle incarne le principe féminin apte à entretenir les
ardeurs créatrices du Maître Universel. En tant que prêtresse,
elle est aussi Djérèt-Nétèr,
c'est-à-dire "la Main du Dieu" (cf supra). Elle
participe activement à des offices, en compagnie de prêtres
spécialisés.
|
Epouse Divine, pendant la XVIIIe dynastie.
Elle porte ici une perruque courte, ornée d'un petit
diadème se terminant par deux pans sur la nuque. Elle
est vêtue d'une longue tunique moulante. on la voit accomplir
un rituel en compagnie d'un prêtre.
Temple de Karnak.
(extrait de Gay Robins) |
Ce titre d'Epouse du Dieu, déjà apparu au Moyen Empire
comme nous l'avons vu, est consolidé au début du Nouvel
Empire par la fondation d'une institution permanente rattachée
au temple de Karnak. La reine Ahmès-Néfertari,
Grande Epouse Royale de Ahmosis (fondateur
de la XVIIIe dynastie) est la première reine à
porter officiellement ce titre et à en exercer la fonction. Elle
reçoit en donation, un domaine de 5 aroures (environ 1 hectare
et demi) doté de tout le personnel nécessaire, de réserves
alimentaires, de troupeaux, de métaux précieux et de tout
ce qui est indispensable au culte. La charge est héréditaire
et passe normalement, ainsi que tout le domaine, de la reine à
l'une de ses filles. Progressivement, le domaine se développe,
s'enrichit, abrite un collège de prêtresses géré
par un intendant aidé de scribes, acquiert des terres et des
troupeaux, engage des artisans, des paysans. On y trouve également
un responsable des bateaux (indispensables pour passer de la rive gauche
à la rive droite du Nil). En cas d'indisponibilité de
la reine ou de lacune dans la succession, le culte est rendu par une
prêtresse de l'Epouse du Dieu: ainsi la dame Houy
qui est la première à recevoir le titre de Supérieure
des Recluses d'Amon (ces "recluses" constituaient un groupe
de prêtresses qui vouaient leur vie à une divinité,
en l'occurence Amon).
les divines adoratrices
Le Nouvel Empire se termine dans la désorganisation
du pouvoir et amène une période instable appelée
"la Troisième Période Intermédiaire".
Le culte d'Amon est prépondérant et le pouvoir du clergé
d'Amon est devenu considérable. Si les pharaons règnent
pour l'instant à Tanis, les grands prêtres d'Amon gouvernent
par l'intermédiaire de l'oracle, à Thèbes et se
comportent en véritables rois. Leur puissance est d'autant plus
grande que souvent les grands prêtres de Thèbes étaient
issus de la famille royale, de même que leurs épouses.
Ces dernières ont également de plus en plus de fonctions
sacerdotales et portent le titre de "la plus grande parmi les
Concubines d'Amon-Rê". Ce rôle était déjà
rempli au Nouvel Empire par une prêtresse qui doublait l'Epouse
du Dieu et pouvait la suppléer.
A ce moment, on assiste à une transformation
de la charge d'Epouse Divine: on amalgame cette fonction et celle de
"Supérieure des Recluses d'Amon" pour créer
le titre de "Divine Adoratrice d'Amon" (Douat-Nétèr)
qui existera pendant un demi millénaire. Désormais, cette
charge sera uniquement confiée à une fille du Pharaon
et non plus à la Grande Epouse Royale. Vouée à
l'amour d'Amon, la Divine Adoratrice devra se consacrer entièrement
à lui, et contrainte au célibat terrestre, elle devra
rester vierge. La succession se fera désormais par adoption pour
laquelle le Pharaon pourra imposer son choix. Les Divines Adoratrices
sont consacrées à Thèbes, telles de vraies reines,
et leur domaine devient de plus en plus vaste (il atteindra 3300 aroures
c'est-à-dire 900 hectares!). Elles jouissent d'une Cour ainsi
que d'un personnel administratif qui ne cesse de croître.
Si l'on veut résumer: à cette époque,
l'Egypte vit sous trois autorités, chacune quasi souveraine dans
ses attributions, à savoir le Pharaon, le Grand Pontife de Thèbes
et la Divine Adoratrice d'Amon. Cette dernière constitue également
un pouvoir intermédiaire qui peut tempérer les éventuelles
convoitises des rois prêtres du Sud sur les souverains du Nord.
La puissance des Divines Adoratrices va encore s'accroître
sous les rois "éthiopiens" et puis sous les rois "saïtes".
Le titre fut attribué jusqu'à l'arrivée des Perses
qui abolirent le statut royal d'Adoratrice.
Quelles étaient les fonctions des Divines Adoratrices
?
Elles étaient véritablement les reines
de Thèbes et les deux noms de leur titulature étaient
contenus dans leurs cartouches. Elles agissaient en Grand Pontife et
comme le roi, elles rendaient le culte, consacraient des offrandes,
accomplissaient les rites d'adoration, consacraient des monuments, étaient
véhiculées sur le palanquin de la fête jubilaire
- fête sed - qui était célébrée pour
elles comme pour le pharaon. Elles surpassaient de beaucoup le rôle
joué par les reines du Nouvel Empire: elles dialoguaient en direct
avec le démiurge thébain dont en qualité d'épouse,
elles devaient entretenir la puissance créatrice.
Comment les Divines Adoratrices étaient-elles
représentées ?
Sur les reliefs, elles sont fréquemment en
compagnie du dieu Amon, serrées contre lui et l'enlaçant. Elles
sont vêtues d'une longue tunique et parfois d'un manteau, plongeant
à l'arrière et recouvrant une épaule. Elles peuvent
être coiffées de la courte perruque mais le plus souvent,
arborent sur une perruque de longs cheveux tressés, la dépouille
du vautour. Elles portent souvent, au sommet du crâne, un anneau
épais entouré de cobras dressés et portant deux
hautes plumes imitant les rémiges des ailes du vautour. Contre
ces plumes sont plaquées deux cornes élancées enserrant
l'image du soleil.
|
(C. Desroches Noblecourt) |
(C. Desroches Noblecourt) |
Pouvaient-elles être considérées
comme des pharaonnes ?
Non, pas vraiment.
Certes, elles bénéficiaient de certains privilèges
royaux.
Par exemple, leur installation à Thèbes était un
véritable couronnement et elles possédaient une titulature.
Elles étaient initiées aux mystères de leur charge
par le rite de la "montée royale" vers le temple. Comme
le Pharaon, elles avaient le pouvoir de consacrer des monuments, de
diriger des rites de fondation, de planter les piquets délimitant
l'aire sacrée, de procéder aux sacrifices d'animaux, de
consacrer les offrandes.
Elles pouvaient être représentées en sphinx, autre
privilège du Pharaon, et aussi agir dans le rituel de régénération
de la fête-sed qui ravivait la puissance royale usée par
de nombreuses années de règne.
Enfin, elles pouvaient accomplir certains rites royaux comme faire quatre
fois le tour d'un espace sacré, tirer à l'arc sur des
cibles dipsosées aux quatre points cardinaux...
Par contre, leur règne s'inscrivait à l'intérieur
des années de règne du pharaon. Certains rites royaux
ne leur étaient pas permis comme la grande offrande du Nil (sollicitant
une crue fertilisante), l'édification de grands temples dans
tout le pays (elles construisirent uniquement des chapelles à
Thèbes).
| Les Divines Adoratrices d'Amon, épouses
terrestres du Dieu, avaient un pouvoir plus spirituel que temporel
et limité à la région de Thèbes. Cependant,
elles jouèrent un puissant rôle politique, voire royal,
et arrivèrent à supplanter et même éliminer,
le Grand Prêtre d'Amon à Karnak. Elles constituèrent
de véritables dynasties (elles
seront détaillées ultérieurement). |
les harems
L'existence des harems royaux est avérée dès les premières dynasties.
Le pharaon, chef de la famille royale, se devait de subvenir aux besoins
de nombreuses reines, princesses, concubines ainsi qu'à ceux de leurs
enfants. Toute cette gent féminine était regroupée dans un ensemble
d'appartements au sein du palais et on appelait cette communauté ipèt nésut. Le terme a été
traduit par "harem du roi" ou par "chambre secrète du roi" mais on ne
connaît pas exactement la signification de "ipèt". La traduction pourrait
aussi bien être "Les appartements des Femmes Royales" ou "Le Grenier
Royal" ou même "Le Bureau Royal des Comptes", selon l'interprétation
donnée à ce terme. Dans la foulée, on parle de "Surveillants du Harem"
mais ils pourraient aussi être "Surveillants des Comptes"! Par contre,
on est certain de l'absence de connotation uniquement sexuelle dans
cette institution, à la différence des sérails ottomans. Certes, on
y trouvait les épouses secondaires ( les khékérut-nésut
ou "ornements du roi") et les néférut ou "beautés
du palais" qui entouraient le pharaon et se consacraient à la musique,
le chant, la danse pour le distraire. Celles-ci sont probablement impliquées
dans datant de l'Ancien
Empire (cliquez pour lire un extrait).
L'institution du harem se développe particulièrement au Nouvel Empire,
suite à l'arrivée de nombreuses princesses étrangères (cadeaux de pays
soumis, mariages diplomatiques...) et de leurs suites. Ainsi, l'histoire
nous apprend que Amenhotep III (1391-1353) épousa
une princesse du Mitanni, Guiloukhépa, qui vint en Egypte accompagnée de
317 femmes ! On sait qu'il reçut aussi 40 femmes en provenance de Gaza...donc,
à un moment donné, il eut au moins 357 femmes étrangères dans son harem,
sans compter les autres...Le harem qui porte aussi le nom de khénerèt ("endroit clos") assurait
le logement et l'entretien de toutes ces dames. Une organisation et
une administration très structurées étaient indispensables. A la tête,
se trouvait un chef de l'Administration, secondé par un adjoint, et
épaulé par une cohorte de scribes, d'inspecteurs, de fonctionnaires,
de domestiques...Le harem était doté de domaines qu'il fallait faire
fructifier: des troupeaux, des cultures, des pêcheries, des ateliers...
les impôts devaient être collectés. Cette administration était surtout
aux mains d'hommes mais il faut remarquer qu'il n'y eut apparemment
jamais d'eunuques engagés dans ce cadre.
Les occupations journalières de ces femmes consistaient essentiellement
en arts d'agrément: musique, danse, poésie...arts de la séduction...
Mais à côté de ces préoccupations, il faut également signaler des activités
productrices comme le tissage. Soit qu'elles y participent elles-mêmes,
soit qu'elles surveillent l'activité de servantes, les habitantes du
harem produisaient des textiles destinés au Palais mais aussi à des
Cours étrangères. On suppose qu'il y avait aussi sur place des ateliers
fabriquant des objets de toilette et des produits cosmétiques.
Finalement, qui étaient ces dames du harem ? Assez souvent, la Grande
Epouse Royale y venait avec ses filles et c'était elle qui en accueillait
et en dirigeait la population féminine. Il y avait aussi les épouses
royales secondaires avec leurs enfants. Ensuite, les favorites, "ornements
royaux", qui ne restaient que le temps d'un caprice royal et puis étaient
données en mariage à de hauts fonctionnaires.
Dans le harem, on trouvait aussi la "Maison des enfants royaux" où des
nourrices (issues de la noblesse) et des précepteurs (souvent des généraux
en fin de carrière), s'occupaient des enfants de Pharaon, sous la surveillance
de la Reine.
En réalité, il n'y avait pas qu'un seul harem...il y en avait au moins
deux: l'un à Memphis et l'autre, à Thèbes. Même, à Tell el-Amarna, la
capitale d'Akhénaton, il y avait un harem du nord et un, du sud. De
surcroît, il y avait probablement un harem d'accompagnement qui suivait
le Pharaon dans ses voyages. On a aussi découvert à Gourob (localité
au sud du Fayoum, sur l'emplacement de l'antique cité de Mi-wer) une
véritable petite ville, fondée par Touthmôsis III, et destinée à être
un harem royal. Les Pharaons du Moyen et du Nouvel Empire aimaient à
y séjourner pour pêcher et chasser. On y a retrouvé de nombreux vestiges
de séjours de rois et de reines.
La cohabitation d'épouses principales et secondaires du Pharaon ainsi
que de favorites entraîna forcément pas mal de rivalités et de complots.
Le plus souvent, il s'agissait de luttes d'influence. Mais dans certains
cas, des conspirations prirent naissance pour évincer le pharaon et
imposer un fils qui n'était pas héritier du trône. On a retrouvé les
traces de certains de ces à différentes périodes
de l'histoire pharaonique (cliquez pour en savoir plus)
pharaons au féminin
Pour aborder ce chapître, il faut se remettre
totalement dans l'esprit de l'époque dynastique et oublier nos
"préjugés" modernes. Certains égyptologues
imprégnés de conformisme, ont déclaré que
les Egyptiens refusaient catégoriquement que le Pharaon fut une
femme et que si quelques reines avaient pu régner, c'était
par "usurpation des droits masculins". Ce n'est pas ainsi
qu'il faut raisonner.
En fait, l'égalité entre l'homme et la femme était
telle qu'il n'y avait pas à se poser de questions. Personne ne
s'opposait réellement au choix d'une femme pour accéder
au trône. A remarquer toutefois que Manéthon rapporte une
décision du roi Binothris (IIe dynastie)
selon laquelle " les dames pourraient remplir des fonctions royales"...donc,
la question avait dû être posée !
Cela étant dit, nous devons pourtant constater que la charge
de diriger le pays est revenue, dans la très grande majorité
des cas, à des hommes. La Grande Epouse Royale était très
présente aux côtés de Pharaon, dans un rôle
de complémentarité de plus en plus étroite au fil
du temps. Elle était la première conseillère du
roi. Son activité au palais et au temple était indispensable.
Pourquoi vouloir se substituer au souverain puisque son propre rôle
était tout aussi irremplaçable ?
Quelques exemples de reines-pharaons sont connus mais ils survinrent
dans des contextes particuliers: héritiers trop jeunes pour régner,
absence de roi en périodes de troubles liés à la
faiblesse de la monarchie (l'accession de reines au trône permit
de perpétuer la lignée). L'histoire retient à cette
place de "souveraine", six reines: Merneith,
Nitocris, Sobek-Néférou,
Hatshepsout, Néfertiti et Taousert.
Nous y ajouterons Cléopâtre VII
qui, pour certains, se situe en-dehors de la période proprement
égyptienne. Pour plus de renseignements sur les cliquez .
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