maÂt
MAa.t

 

Maât est souvent considérée comme l'incarnation de la Vérité, de la Justice.
En fait, elle représente l'Ordre.



Elle personnifie ce qui doit être accompli pour que l'Univers continue d'exister: combattre le chaos, ne pas entraver l'organisation du monde créé.

Elle est considérée comme la fille de Rê (qui l'a engendrée au moment de la création de l'Univers) et l'épouse de Thot. Elle les accompagna tous les deux dans la barque solaire lorsqu'ils émergèrent du Noun. Rê créa le monde en remplaçant le chaos initial par Maât, l'ordre universel. En tant que représentante du principe féminin, elle est aussi considérée comme l'épouse du soleil et, à partir de la XVIIIe dynastie, le couple royal est comparé à celui formé par Rê et Maât: leur union assure le juste fonctionnement du pays.

Maât est représentée sous les traits d'une jeune femme, souvent accroupie, vêtue d'une robe simple et portant, sur la tête, un bandeau orné d'une plume d'autruche.

Cette même plume est le hiéroglyphe de son nom.

Maât, l'ordre cosmique: elle contrôle les étoiles, les constellations. Elle veille à la succession des saisons, des jours. Elle protège constamment la création du démiurge en s'opposant aux forces du chaos (isfet) qui demeurent présentes aux confins de l'Univers. Pour les habitants du monde "réel", ces forces menaçantes sont perceptibles dans toutes les manifestations perturbant l'équilibre du pays: les ennemis venant du désert, les animaux sauvages et dangereux, les oiseaux migrateurs envahissant les rives du Nil lors de l'inondation...

Maât, la Vérité et la Justice: elle symbolise l'équilibre dans la vie égyptienne, entre la Haute et la Basse Egypte, entre la vallée verte et le désert...entre le Bien et le Mal. Sous l'Ancien Empire, les juges étaient considérés comme les prêtres de Maât et le vizir était son premier prophète. Leur devoir était "d'accomplir la Maât".

Maât, l'ordre politique: le pharaon se réclame d'elle et agit selon elle afin que le chaos ne revive pas. Le désordre détruirait le monde créé. L'équilibre harmonieux du pays se traduit par un approvisionnement régulier en nourriture. Par contre, tout désordre politique entraîne une désorganisation administrative et à plus ou moins brève échéance, une disette. Pendant le culte divin quotidien, le roi l'offre aux dieux afin qu'ils s'en nourrissent pour pouvoir préserver l'harmonie universelle.

(Séthi Ier offre Maât. Temple d'Abydos)

Maât est un élément important du culte divin quotidien: le roi l'offre aux dieux. Il la porte au creux de la main, telle une petite poupée. Ce geste signifie que le pharaon promet aux dieux de préserver l'ordre cosmique qu'ils ont instauré.

Cette scène se retrouve au fond de nombreuses chapelles.

Maât, l'ordre social: elle est très présente aussi auprès du peuple qui la connaît au travers du pharaon et des juges. Elle est le coeur du système moral du royaume. Agir en désaccord avec Maât met en péril tout l'équilibre cosmique. Aimer les autres, partager avec eux, soulager la souffrance, combattre l'injustice, être généreux, s'appliquer à son ouvrage, prôner le bien...c'est vivre selon Maât.

Maât et le culte funéraire: elle est associée au jugement d'Osiris. Dans la salle du jugement divin (Salle des deux Justices) où le défunt est conduit, la plume de Maât (ou sa statuette) sert à peser le coeur du mort afin de déterminer s'il a vécu selon les principes de la déesse, s'il est "maaty". Il ne peut pénétrer dans l'ordre divin que si les plateaux de la balance s'équilibrent parfaitement. Il est alors déclaré "maakherou" ("juste de voix"). Ce rite est la psychostasie ou pesée de "l'âme".

 


Anubis effectue la pesée du coeur du défunt.
A droite, on reconnaît la plume de Maât.

(pesée de l'âme d'Ani)

 

Dans cette même salle du jugement, Maât est souvent figurée debout, dans la barque solaire ou assise sur un trône.

Lieux de culte
Si Maât apparaît dans de nombreuses tombes, elle n'a pas de sanctuaire spécifique. On lui connaît uniquement une petite chapelle, construite par Amenophis III contre l'enceinte du temple de Montou à Karnak-Nord.

Il existe aussi, sur le site de Karnak, ce qu'on appelle le "palais ou le château de Maât". Situé près de la cour du Moyen Empire, sa construction fut vraisemblablement entreprise sinon achevée sous le règne d'Hatshepsout. Elle fit édifier cet imposant édifice qui englobait probablement le reposoir, plus connu sous le nom de "chapelle rouge".

 

En complément, un lien incontournable sur Maât:
la page qui lui est consacrée sur le site de Thierry Benderitter, ici.

 

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