hathor
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le culte d'hathor

D'après les inscriptions gravées dans des tombes privées de l'Ancien Empire, on sait que les femmes pouvaient assurer des positions cléricales, même les plus élevées.
Sous la IVe dynastie, la Grande Epouse Royale était prêtresse d'Hathor, déesse maîtresse du sycomore dont elle était considérée comme la manifestation terrestre.

Ainsi, dans la tombe de la reine Meresank III (épouse de Khephren), des inscriptions permettent de déterminer son rôle dans le culte d'Hathor.

L'importance accordée, à l'époque, au culte d'Hathor peut cacher des raisons politiques. Il était véritablement un support pour la royauté qui favorisait l'idée que le roi était la forme terrestre d'Horus. Hathor était la mère du roi et les femmes de la famille royale étaient ses prêtresses.

A la VIe dynastie, Pépi I se reconnaît lui-même comme fils de Rê et fils d'Hathor.

Mais sous les Ve et VIe dynasties, le culte d'Hathor quitta progressivement le voisinage immédiat de la maison royale et l'on vit des fonctionnaires de rang élevé ainsi que des femmes "non royales" entrer dans le clergé d'Hathor. Pour certains cette évolution serait à mettre en relation avec l'affaiblissement du pouvoir du roi.

Répartition des sexes parmi le clergé

Pendant l'Ancien Empire, beaucoup plus de femmes que d'hommes sont associées aux sanctuaires d'Hathor.
M. Galvin recense environ quatre cents femmes impliquées dans le culte de la divinité pendant l'Ancien Empire et la Première Période Intermédiaire. Elle considère qu'environ 99% du clergé de la déesse est constitué de femmes et que cela implique qu'elles pouvaient y exercer les plus hautes fonctions.

Par la suite, on observe de plus en plus de prêtres masculins dans les documents. Ils semblent même diriger les prêtresses en devenant "Surveillant des prêtres" (ce titre apparaît sous la VIe dynastie). Les femmes continuent à participer au culte mais n'occupent plus les positions les plus élevées.

Nature du culte rendu à Hathor :

Le culte rendu à la divinité réflète évidemment ses différentes attributions.
Elle est surtout populaire par sa fonction de "déesse de l'amour" et de tout ce qui concerne la fertilité, la sexualité. les pièces votives trouvées dans diverses chapelles sont très symboliques de ce rôle: phallus en bois, représentations de poitrine féminine, figurines de femmes nues... Tous ces objets déposés tant par des homes que des femmes sont des dons laissés en remerciement ou en supplication d'une union fertile.
Hathor est aussi reconnue comme "déesse de la musique, de la danse, du chant". Ces fonctions sont évidemment liées à la séduction mais se retrouvent également dans les rites funéraires. Comme on peut le voir dans la décoration de diverses tombes, le chant et la danse étaient des éléments importants dans le rituel de bienvenue accueillant le cortège funéraire dans le royaume de la Maîtresse de l'Occident. Dans la tombe thébaine d'Antefoker (vizir de Senousret I et maire de Thèbes sous la XIIe dynastie), des harpistes, des flûtistes, des femmes battant le rythme à l'aide de colliers ménat et de castagnettes et des danseuses forment un cortège exubérant accueillant le défunt.

Objets du culte :

Les principaux objets du culte étaient:

- le sistre qui outre un instrument de musique, était le symbole de la déesse et irradiait son pouvoir (en savoir plus)

- le miroir qui étaient utilisés par les danseuses. Au gré de leurs mouvements, les rayons du soleil s'y réflétaient et l'on pensait qu'il s'agissait de manifestations de la déesse. Ces objets magiques étaient fréquemment représentés ou même déposés dans les sarcophages.

- le collier ménat accompagnait, lui aussi, les danses et permettait de marquer le rythme.

A côté de ces "instruments", les battements de main, les tambourins, les claquettes étaient fréquemment utilisés.

Le culte au quotidien:

Dans chaque centre de culte, le rituel quotidien se déroulait de la même façon. Il était centré sur la statue de la déesse qui était censée être sa manifestation physique et à laquelle on accordait des soins calqués sur la vie quotidienne de chaque Egyptien. 
A l'aube, le prêtre le plus élevé dans la hiérarchie du sanctuaire, ouvre le naos et place des offrandes alimentaires devant la statue. Ensuite, celle-ci est lavée, vêtue et parfumée. Pendant tout ce temps, les prêtresses jouent de la musique.
A midi, on procède à des libations et on fait brûler des herbes odorantes.
Enfin, le soir, on procède à une nouvelle toilette de la statue qui est ensuite replacée dans le naos, refermé jusqu'au lendemain.

Certains jours de fête, la statue d'Hathor sort de son sanctuaire et la foule, habituellement non admise dans la chapelle, peut en approcher et lui poser des questions. Les réponses de la déesse sont transmises par les prêtres qui la transportent.

 

les fêtes d'hathor

De nombreuses festivités, en l'honneur de la déesse, ponctuent l'année dans ses divers lieux de culte. On a retrouvé sur les murs des temples de Denderah et Edfou, les calendriers des fêtes d'Hathor. La liste exposée ci-dessous ne reprend que les principales et se base sur l'ouvrage d'Auguste Mariette-Bey : "Dendérah. Description générale du Grand Temple de cette ville." (Paris, 1875) que l'on peut consulter ici. Certaines de ces festivités se déroulaient essentiellement au temple de Dendérah mais d'autres étaient célébrées dans toute l'Egypte.

Dans l'ensemble, les fêtes consistaient en processions coupées de cérémonies et de stations en divers lieux du temple où des rites étaient accomplis. On répandait de l'eau et du vin sur le sol, on faisait des offrandes de pains et on brûlait de l'encens.

La durée de chaque fête dépendait de la distance à parcourir. Parfois, la procession ne sortait pas du temple ni même d'une salle. D'autres fois, on allait simplement sur les terrasses. Le plus souvent, le cortège circulait entre les édifices du temple. Il arrivait que le défilé traverse la ville, en fasse le tour, se rende à la nécropole ou même s'embarque sur le Nil pour gagner Edfou.

Pour certaines fêtes (notamment le 1er et le 2e Thot), on ouvrait les portes de l'enceinte du temple afin que la population puisse participer aux cérémonies. Mais certaines fêtes, réservées au roi et au clergé, se déroulaient à l'abri de l'enceinte extérieure et appartenaient à la catégorie des mystères.

Calendrier égyptien: voir ici.

La fête du Nouvel An : "Grande Fête d'Hathor"
le 1er "Thot" (premier mois de Akhet, saison de l'inondation).
Cette cérémonie célébrait la montée des eaux du Nil et le renouvellement des forces qui régénèrent la terre d'Egypte. Elle débutait lorsque la crue atteignait Denderah. Le rite central de la fête était l'union du "ba" de la déesse et des rayons du soleil. Pendant la nuit, les prêtres venaient chercher la statuette en or de l'âme de la déesse et la portait dans le kiosque à ciel ouvert, situé sur le toit du temple, afin de l'exposer au soleil levant. Sous ce rayonnement, elle renouvelait son pouvoir de régénération.

La fête de l'ivresse : "fête de l'ébriété", "fête des pampres"
le 20 ( ou 21) "Thot".
La fête était célébrée dans toute l'Egypte. La consommation de vin libérait l'âme du corps et permettait d'approcher le domaine du "divin".
Cette festivité rappelait un épisode mythique : Rê avait envoyé sa fille, la déesse Hathor ("oeil de Rê") pour punir les humains qui s'étaient rebellés mais devant les massacres qu'elle accomplissait, il eut des remords et décida d'arrêter son équipée vengeresse. Il fit répandre de grandes quantités de bière teintée en rouge devant elle. Croyant qu'il s'agissait de sang, la déesse but avidement le breuvage et, ivre, s'endormit. Elle revint ainsi à la clémence et passa de sa forme Sekhmet sous sa forme Bastet. Pour plus de renseignements sur ce mythe, voir le "Livre de la Vache du ciel", ici.
Les libations en l'honneur d'Hathor célèbrent donc son retour à la clémence.
En d'autres mots, cette fête salue le retour de la crue du Nil qui charrie des eaux rougies par les limons ferrugineux de l'Atbara.

La fête d'Hathor :
pendant le mois d'Hathara (3e mois de Akhet), entièrement consacré à la déesse dont il tire son nom . Ce mois, appelé "voyage d'Hathor" pendant l'Ancien Empire , devint le "mois d'Hathor" au Nouvel Empire et "Athyr" en copte.
Le 1er Hathara correspondait à la fête éponyme du temple.
On trouve une première mention de cette fête dans le calendrier des fêtes du roi Niouserrê, à la Ve dynastie.
A cette occasion, l'icone de la déesse était placée sur sa barque sacrée et transportée sur les épaules des prêtres. Le cortège se dirigeait vers le hall des offrandes du temple où les prêtres offraient viandes, volailles, pains, vin, bière, fruits et fleurs. Le prêtre lecteur lisait le rituel de la fête et le choeur chantait les louanges de "La Dorée". Le cortège, accompagné de prêtresses chantant et jouant du sistre, se rendait ensuite vers le lac sacré dont il faisait le tour puis revenait au sanctuaire. La fête se poursuivait aux alentours du temple pendant toute la nuit.
Pendant tout le mois, des processions se déroulaient, remerciant le Nil pour l'inondation et la prospérité qu'il apportait
Simultanément, les femmes du village participaient à des rituels de fertilité afin de demander de futures naissances.

La fête de la navigation ou fête "elle est ramenée" :
pendant les mois Tybi et Méchir (1er et 2e mois de Peret, saison de la germination), on célébrait le retour de la déesse après son escapade vengeresse en Nubie, en tant qu'"oeil de Rê". Les fêtes duraient plusieurs jours pendant lesquels rites, musique, chants, danses et libations se succédaient.
Pendant Méchir,une navigation emmenait le cortège au Speos Artemidos (près de Beni hassan) où des fêtes rituelles se déroulaient en l'honneur de la déesse Pakhet-Sekhmet, l'une des formes d'Hathor.

La fête de la naissance d'Hathor:
pendant le mois Pharmouti (3e mois de Peret).

La fête de la Belle Rencontre :
à la néoménie d'Epiphi (3e mois de Shemou, saison de la chaleur), commençait cette grande festivité qui allait permettre les retrouvailles d'Hathor et d'Horus, son époux, à Edfou. Pour la descritpion de cette fête qui durait 14 jours, voir ici.

Sur les murs de l'escalier du temple de Denderah, on trouve cet hymne à la gloire d'Hathor :


Qu'elle est belle ! La Dorée est fleurie !
La Dorée est fleurie, brillante, toute en fleur !
Pour toi le ciel et les étoiles frappent le tambourin,
le soleil et la lune te louent
les dieux te glorifient
les déesses entonnent des hymnes.
Qu'elle est belle ! La Dorée est fleurie !
La Dorée est fleurie, brillante, toute en fleur !
Pour toi chante toute la terre
pour toi dans tout ce qui vit.
Le Double-Pays et les nations te glorifient
dans le ciel jusqu'à l'horizon.
Qu'elle est belle ! La Dorée est fleurie !
La Dorée est fleurie, brillante, toute en fleur !
Aton dans sa course, la mer entière
pour toi frappent le tambourin
Les Grecs célèbrent tes louanges
les étrangers sont pour toi remplis de joie.
Qu'elle est belle ! La Dorée est fleurie !
La Dorée est fleurie, brillante, toute en fleur !
Les hommes et les femmes pour toi frappent le tambourin.
Les dieux puissants dansent pour toi,
Toute l'Egypte te glorifie, les deux déesses font tes louanges.

 

 

Sources

outre les sources citées dans la page "Religion"

http://adeyme.chez.tiscali.fr/hathor/
http://alain.guilleux.free.fr/deir_el_medineh/temple_deir_el_medineh.html
http://alain.guilleux.free.fr/dendera/dendera.html
http://bbecq.free.fr/EGYMUSIC/Page_1x.html
http://www.culturediff.org/astroegypto6.htm
http://2terres.hautesavoie.net/degypte/texte/dendera.htm
http://www.egyptsites.co.uk/lower/memphis/memphis.html
http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?O=N072814
http://perso.wanadoo.fr/adeyme/hathor/
http://www.hethert.org/kom.html
http://nefercoco.free.fr/evasion.htm
http://perso.wanadoo.fr/nilegypte/pages
html/NilVert/NilVKomO.htm

http://photosegypte3.free.fr/galerie/galerie_a3-denderah.html
http://www.users.ch/cathjack/louxor/lxr_temple_denderah.htm
http://wilrob.free.fr/egypte/sites/komombo1.htm

 

 

 

Hathor (page4)
"A
"ABC des déesses"

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