hathor
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Les sanctuaires
:

La déesse Hathor a été revendiquée par de nombreux clergés si bien qu'elle dispose de nombreux sanctuaires tout au long du Nil.

Le site le plus ancien semble bien être celui de Gebelein (ancienne Crocodilopolis, à 30 Kms au Sud de Louqsor). On y a découvert les ruines d'un temple dédié à Hathor, datant de la IIIe dynastie.

Si nous recherchons du Nord au Sud, c'est-à-dire du Delta à Assouan, les divers sanctuaires d'Hathor:

La Basse Egypte ne semble pas être le site de prédilection du culte de la déesse et pourtant, nous y découvrons plusieurs sanctuaires:



carte d'après Michel Guay


Saïs : dans le Delta occidental, 5e nome de Basse Egypte. La ville était le domaine de Neith mais Hathor y était aussi vénérée ainsi que d'autres divinités.

Memphis : (ancienne Me-nefer)capitale du 1er nome, la cité possédait un très grand temple dédié à Ptah. A l'est de ce monument, se trouvait un temple érigé en l'honneur d'Hathor dont on ne peut voir que le sommet émergé des colonnes hathoriques et quelques blocs avec des reliefs. Le reste du temple est encore enterré. La déesse y était connue comme "la maîtresse du sycomore du Sud", arbre sous lequel se rafraîchit le défunt. La triade protectrice de la ville se composait de Ptah, sa parèdre Sekhmet et leur fils Nefertoum. Hathor y rivalise avec la compagne du dieu.
Dans la nécropole, des fouilles récentes auraient découvert des statues de vache sacrée dont la fonction aurait été de faire renaître les défunts (tombes du Nouvel Empire)

Momemphis : (ancienne Imaou, moderne Kôm el-Hisn).3e nome de la Basse Egypte, à la limite occidentale du Delta.
On y a aussi vénéré très tôt, une divinité "vache", assimilée à Hathor, dans un sanctuaire aujourd'hui disparu. On l'appelle "la Dame des jujubiers" ou Sekhathor, "celle qui nourrit Horus".
Pour plus de renseignements sur le site, voir ici.

En Moyenne et Haute Egypte,



carte d'après Michel Guay


Atfih : (ancienne Tp-yhwt, Aphroditopolis en grec) capitale du 22e nome de Haute Egypte ("le Couteau"). On y a trouvé des sépultures de vaches et Petrie y a découvert une tombe de la période ptolémaïque attribuée à une vache sacrée appelée Isis-Hesat. Cette dernière est considérée comme une forme d'Hathor et souvent représentée sous la forme d'une vache blanche.

Cusae: (ancienne Khis) capitale du 14e nome de Haute Egypte (nome "Le Grenadier") un peu à l'ouest de Meir. La déesse y fut  vénérée comme  la "Dame de Cusae" à partir du début du Moyen Empire. Hatshepsout y fit restaurer le temple d'Hathor.

Speos Artemidos: un peu au sud de Beni Hassan,sur la rive est du Nil, là où aboutit la Vallée du Couteau, la reine Hatshepsout fit creuser une grotte-sanctuaire dédiée à la déesse Pakhet, forme locale de la tempétueuse Hathor. Pour plus de détails, voir ici.

Denderah : (ancienne Iounet, Tentyris en grec) capitale du 6e nome de Haute Egypte, à une soixantaine de Kms au nord de Louqsor. Sanctuaire le plus connu de la déesse Hathor. Dès l'Ancien Empire, cette ville est un lieu de culte pour la déesse (les fouilles ont découvert des vestiges de la IVe dynastie) mais le grand temple qui lui est consacré, n'est commencé que sous les Ptolémées. Il sera terminé à l'époque romaine.Le temple est construit selon le schéma classique: salle hypostyle, salle des offrandes, chapelles et sanctuaire. Voir le plan, ici.
Dans l'enceinte sacrée, mais en-dehors du temple proprement dit, il y a un mammisi (mammisi de Nectanebo) datant de l'époque romaine, endroit rituel où Hathor était sensée donner naissance à son fils Ihy. Au sud de ce mammisi, il y a une autre maison de naissance et un sanatorium où les visiteurs pouvaient se baigner et passer la nuit en espérant bénéficier d'un traitement prodigué par la déesse.
Enfin, on ne peut quitter Denderah sans signaler que dans l'une des chapelles situées sur le toit du temple, le plafond était constitué par la carte du ciel connue sous le nom de "zodiaque de Denderah" (l'original est actuellement conservé au Musée du Louvre et sur place, on peut voir un moulage). En ce lieu, se déroulaient aussi de nombreuses fêtes en l'honneur d'Hathor (voir infra).
Photos du site, ici , ici , ici , et encore ici

Denderah: Temple d'Hathor
(photo empruntée au site Egypte Eternelle)

 

Détail du plafond de la salle hypostyle. Le soleil qui vient de naître illumine le temple de Denderah , figuré par un édifice que le visage d'Hathor surmonte.


Thèbes : il semble qu'un culte hathorique ait existé dans la région dès la VIe dynastie (inscriptions dans des tombes de l'Ancien Empire, indiquant que les épouses de dignitaires locaux étaient des prêtresses d'Hathor). A la XIe dynastie, le roi Nebhepetre-Mentuhotep (Montouhotep II), se désignant lui-même comme le "Fils d'Hathor, dame de Denderah", engloba le petit sanctuaire local de la divinité dans son temple funéraire de Deir el-Bahari.Des inscriptions locales révèlent que sa Grande Epouse Royale, la reine Achaït, ainsi que ses épouses secondaires, étaient prêtresses d'Hathor.On peut supposer qu'un culte important existait à Thèbes-Ouest, et que le temple royal funéraire servit lui-même de lieu de culte, pendant un certain temps.

Deir el-Bahari : dans son "temple de millions d'années", la reine Hatshepsout fit construire une chapelle dédiée à Hathor qu'elle vénérait particulièrement. On accédait à ce sanctuaire par le côté sud de la deuxième terrasse ou par une rampe indépendante. La chapelle possède trois salles dans lesquelles la déesse est vénérée sous sa forme de "vache sacrée", nourrice céleste. (photos).

Deir el-Medineh : dans la partie nord du site (village des artisans qui construisaient les tombes de la Vallée des Rois), un sanctuaire fut érigé en l'honneur d'Hathor. Il était constitué d'un naos et d'un pronaos et semble dater de la XVIIIe dynastie. A la XIXe dynastie, Séti I développa le sanctuaire primitif et on peut encore voir cet ensemble au nord de l'enceinte du temple actuel. Sous les Ptolémées, un nouveau temple d'Hathor fut érigé, en grès extrait dans les carrières du Gebel Silsileh, et l'on peut encore y admirer aujourd'hui de superbes décors polychromes en bon état de conservation.

 

vue interne du temple d'Hathor à Deir el-Medineh telle qu'elle fut représentée dans la "Description de l'Egypte" (1809) par les savants de l'expédition Bonaparte.

(extrait de: Henri Stierlin. "Les pharaons bâtisseurs")

 

 


Ce temple construit sous les Ptolémées était , en fait, dédié non seulement à Hathor mais aussi à Maât, Imhotep et Amenhotep (fils de Hapu).
Quelques très belles photos de reliefs du temple, ici .

Gebelein : (Per-Hathor, Pathyris, Crocodilopolis) en ce lieu, situé à environ 30 Kms au sud de Thèbes, sur la rive ouest du Nil, on a trouvé les ruines d'un temple dédié à Hathor. Une stèle royale découverte sur place, insérée dans le mur du temple de la divinité, montre qu'un sanctuaire dédié à la déesse existait, déjà, à la fin de la IIe dynastie. Sous la XIe dynastie, le temple fut restauré ou agrandi par le roi Montouhotep II qui se fit d'ailleurs appeler "fils d'Hathor, Maîtresse de Denderah" avant de porter le nom de Nebhépetrê après la réunification de l'Egypte.Enfin, le monument fut encore retravaillé sous le règne de Thoutmosis III, au début de la XVIIIe dynastie.

Edfou : (Béhédèt) capitale du 2e nome de Haute Egypte où l'on vénérait le dieu Horus dès l'Ancien Empire. Sous les Ptolémées, un grand temple fut érigé en l'honneur d'Horus, de son épouse Hathor et de leur fils Horsomtous. Chaque année, s'y déroulait la fête de la "Belle Rencontre" (vide infra).

Gebel el-Silsileh : Hatshepsout y fit construire une chapelle pour la déesse.

Kôm Ombo : au bord du Nil, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Assouan,se dresse un temple original par sa structure double. Il reproduit, en effet, le plan d'un temple classique mais tout est en double. Chaque moitié est consacrée à une triade:
- Haroëris, Tasenètneferèt (son épouse) et Panebtaouy (leur fils) d'une part,
- Sobek, Hathor (son épouse) et Khonsou (considéré ici comme le fils de Sobek) d'autre part.
Le temple aurait été fondé sous Thoutmosis III (XVIIIe dynastie) mais réellement construit au temps de Ptolémée VIII Evergète II et achevé sous les empereurs romains Tibère, Domitien et Caracalla

 

Temple de Kom Ombo
lithographie de David Roberts

 


A l'extérieur du mur en briques crues, se trouve une petite chapelle dédiée à Hathor. Elle est encore en très bon état et contient des momies de crocodiles en grand nombre. Une inscription, en grec, montre que le culte d'Hathor s'est transformé en culte d'Aphrodite, à l'époque romaine.
Vue de l'entrée du temple, ici et plus de détails sur l'édifice, ici.

Au-delà de la 1ère cataracte:


carte d'après Michel Guay

 


Philae: sur cette île, située à environ 5 Kms au sud d'Assouan, se trouvait un célèbre lieu de pélerinage dédié à Isis, édifié quasi entièrement à l'Epoque Ptolémaïque. Cependant, la déesse Hathor fut également vénérée sur l'île et un kiosque lui fut construit sous Ptolémée VI, puis agrandi sous Ptolémée VIII et l'empereur romain Auguste. A la suite de la construction du haut barrage d'Asouan, les différents monuments de l'île ont été démontés et reconstitués sur une petite île voisine, Agilkia, pour échapper à l'engloutissement.



photo Corinne Smeesters

Le kiosque de la déesse Hathor se trouve devant celui de Trajan.

 


C'est ici que la déesse, sous la forme d'une lionne , revient de Nubie après avoir massacré les hommes. Elle s'apaise et devient la déesse de l'Amour.
Pour plus de renseignements sur le site, voir ici. (sur la page, cliquez sur Philae dans la carte).

Kalabsha : originellement placé au site de Kertassi, en Nubie, le kiosque dédié à Isis a été construit à l'époque Ptolémaïque tardive et achevée pendant la période romaine. De part et d'autre de l'entrée, se trouve une colonne dont le chapiteau représente Hathor quadrifons coiffée du sistre à naos, décoration typique des temples dédiés à la déesse. Lors de la construction du haut barrage d'Assouan et du sauvetage de certains monuments de Nubie, le temple fut démonté et reconstruit près de celui de Kalabsha (sur le nouveau site, à environ 30 Kms au nord de l'emplacement initial).



kiosque de Kertassi à Kalabsha


Qasr Ibrim : dans cette localité de Nubie, à une quinzaine de Kms au nord d'Abou Simbel, la reine Hatshepsout fit construire une chapelle en l'honneur de Satèt, déesse assimilée à Hathor pour certaines de ses fonctions.

Abou Simbel : le site est réputé pour ses deux temples creusés dans le roc. Le plus grand est celui de Ramsès II et le second, plus petit est dédié à la reine Néfertari (épouse de Ramsès II) ainsi qu'à la déesse Hathor à laquelle la reine fut assimilée.Ce speos de Nefertari fut creusé dans le rocher d'Ibshek, domaine où résidait, traditionnellement, la divinité.



Arrivée à Abou Simbel.
A gauche, le temple de Ramsès II.
A droite, le temple de Nefertari et Hathor.



Façade du temple consacré à Nefertari et à Hathor. (zoom)


A l'intérieur, un pronaos comportant six piliers hathoriques, mène au naos où se trouve une statue d'Hathor sous l'aspect d'une vache semblant jaillir de la paroi rocheuse pour protéger le roi.


"Tout n'est que beauté, rappelant la grâce de Nefertari
Tout n'est qu'allusion à Hathor, déesse de l'amour, la joie, la danse et la musique
Tout n'est que féminité."


Plus de détail sur le temple de Nefertari-Hathor, ici. Et une galerie de très belles photographies, ici.

Napata : au pied de la montagne sacrée, le Gebel Barkal, on a découvert un sanctuaire creusé dans le roc, dédié à Hathor-Mout (consort d"Amon).

Dans le Sinaï :


carte d'après Michel Guay

 


Serabit el-Khadim : le site se situe sur un plateau du désert du Sinaï, à 850 mètres d'altitude. On y extrayait la turquoise, le cuivre et l'hématite. Les mineurs vénéraient Hathor qui y était connue sous le nom de "dame de la Turquoise". Sous la XIIe dynastie,Ils lui érigèrent un sanctuaire qui fut ultérieurement agrandi par l'ajout de salles dans lesquelles on rendait aussi un culte à Soped (gardien de la pointe orientale du Delta, qui protégeait les expéditions vers le Sinaï) et à Ptah (démiurge de Memphis).



Vestiges du temple d'Hathor. Serabit el-Khadim.


Aux abords du temple, de nombreuses grottes contiennent des stèles. Peut-être les ouvriers y dormaient-ils après les prières et les offrandes, en espérant recevoir des rêves oraculaires relatifs à la localisation des gisements miniers.

Timna : la vallée de Timna se situe un peu plus à l'est, au sud-ouest de l'Arava et à une trentaine de Kms au nord du golfe d'Aqaba. La région est riche en minerais de cuivre sous forme de malachite et de chalcosite. Au centre de cette vallée, des roches de grès ont formé un assemblage connu sous le nom de "piliers du Roi Salomon". Au pied de ces rochers, un petit temple a été érigé, dédié à Hathor, sous le règne de Séti I. Le sanctuaire comprend une cour ouverte et un naos dans lequel une niche, creusée dans le roc, était vraisemblablement destinée à abriter une statue de la déesse.


Restitution artistique du temple d'Hathor à Timna.
(extrait de: Percy Knauth. "The metalsmiths". The Emergence of Man. N-Y. Time Life. 19974)

Le temple fut sérieusement endommagé par un tremblement de terre et reconstruit sous Ramsès II. On en retient surtout les deux piliers rectangulaires portant chacun une tête d'Hathor. Dans la cour de ce petit temple, on a découvert de nombreuses offrandes votives,des figurines de la déesse, des inscriptions hiéroglyphiques représentant les sceaux des rois qui régnèrent de la XIVe à la XIIe dynastie, des récipients en albâtre, des figurines de chats et léopards en faïence, des scarabées, des objets en cuivre. Le déclin du contrôle égyptien sur la région entraîna l'abandon des mines de Timna et du temple d'Hathor vers le milieu du 12e siècle av.JC.


Les Egyptiens vénéraient tellement Hathor qu'ils portèrent son culte hors des frontières de l'Egypte.
Des liens commerciaux avec Byblos s'établirent très tôt afin de ramener les cèdres nécessaires aux constructions. La déesse locale Astarte, la Baalat Gebal ("dame de Byblos"), fut progressivement assimilée à la divinité égyptienne (d'autant plus que leurs attributions étaient très semblables) et représentée avec la coiffure hathorique. En échange,lorsque la ville devint égyptienne, sous la XIIe dynastie, Astarte fit son entrée dans le panthéon égyptien, devenant un "oeil de Rê" et protégeant le char royal lors des combats. Enfin, il n'est pas rare de rencontrer la qualification "dame de Byblos" à côté du nom d'Hathor.
Un phénomène similaire se déroula au pays de Pount tel qu'on le retrouve dans la dénomination "dame du Pount".


Hathor page 3

Hathor page 5

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