Bastèt

 

 

Bastèt
BAstet

 


Bastèt est considérée comme l'une des "filles du soleil". Plusieurs autres déesses portent ce même titre: Maât, Hathor, Tefnout, Sekhmet... Chacune représente "l'oeil de Rê" et incarne une partie du rayonnement solaire. Leur mission est double: elle doivent rester auprès de l'astre pour le nourrir et le régénérer chaque jour, tout en allant répandre ses bienfaits aux limites du monde afin de repousser le chaos des ténébres. En correspondance avec l'ambivalence de leur mission, leur personnalité possède une double facette: elles sont à la fois dangereuses et bienveillantes.

Bastèt représente le côté aimable des déesses dangereuses et plus particulièrement de Sekhmet, la redoutable.

Initialement, Bastet était une déesse guerrière, représentée sous la forme d'une lionne ou d'une femme à tête de lionne tenant l'ankh et un sceptre. Elle fut vénérée dès l'époque thinite et devint la divinité tutélaire de la ville de Bubastis (Perbastèt, "le domaine de Bastèt ", en égyptien) qui lui doit son nom.

A partir du Nouvel Empire, on la trouve sous la forme d'une chatte, parée de bijoux, ou d'une femme à tête de chatte, tenant un sistre, souvent un petit panier et accompagnée de ses petits.
A la Basse Epoque, elle était considérée comme une divinité bienfaisante, répandant les bienfaits du soleil.
Parfois, on l'identifiait aussi à Sekhmet qui incarnait, au contraire, la force destructrice du soleil.
Les gens faisaient nettement la différence entre les deux déesses.

Sous la XXIIe dynastie, Sheshonq Ier et ses successeurs installent leur capitale à Bubastis et font de la déesse une divinité nationale. Ils embellissent ses temples et lui font construire un sanctuaire à Thèbes.

Dans sa ville originelle de Bubastis, on considère qu'elle a conçu, avec Rê, un fils: Mahès (ou Miysis), dieu-lion luttant contre le serpent Apophis.

De son agressivité, elle garde un côté protecteur et devient tutélaire du foyer, responsable de la fécondité.

Elle passait parfois aussi pour la personnification de la lune.
Enfin, elle empruntait des caractéristiques à Hathor: comme elle, elle était la divinité de la joie, de la musique  et de la danse. Son culte conduisait d'ailleurs à des processions bariolées qui célébraient le retour de l'inondation auquel présidait la déesse.
Hérodote décrit les cérémonies religieuses dédiées à Bastèt mais voit surtout leur aspect orgiaque alors que l'ivresse qui y régnait célébrait le retour à la bienveillance de la Déesse Dangereuse:


"La principale et la plus populaire a lieu à Bubastis, en l'honneur d'Artémis (Bastèt)...Lorsque les Egyptiens se rendent aux fêtes de Bubastis, voici coment ils se conduisent: ils y vont par le fleuve, hommes et femmes en grand nombre, entassés pêle-mêle sur chaque embarcation...Arrivés à Bubastis, ils honorent la déesse avec de grands sacrifices et boivent plus de vin de raisin au cours de cette festivité que pendant tout le reste de l'année. Selon les gens du pays, il s'y rend, hommes et femmes réunis (sans compter les jeunes enfants), quelque sept cent mille personnes".

 

En l'honneur de Bastèt, les chats étaient considérés comme des animaux sacrés et la nécropole de chats momifiés de Bubastis est célèbre. On considérait qu'ils étaient capables de parler aux dieux et de prononcer leur nom secret.
Le chat, miou ou mau, était un compagnon de prédilection des Egyptiens qui admiraient son habileté à la chasse. A partir du Moyen Empire, il semble avoir été domestiqué et on le voit représenté dans les tombes. La religion lui attribue aussi un rôle et on le voit, sur des papyri funéraires, trancher la tête du serpent Apophis. Cependant, il n'est pas vénéré pour lui-même mais plutôt associé à une divinité.

C'est ainsi qu'on honorait Bastèt en lui offrant des figurines (en bronze ou en faïence) ou des momies de chat. Cette tradition fit l'affaire du clergé qui instaura un élevage de chats au voisinage du temple de la déesse. Lorsque les chats avaient atteint l'âge d'une dizaine de mois, on le tuait et on en faisait une momie pour la vendre aux pèlerins. On a retrouvé des milliers de momies de chats dans la nécropole de Bubastis. En 1888, 300.000 momies de chats y auraient été découvertes et envoyées à Liverpool où elles furent vendues aux enchères...à bas prix. On en aurait fait de l'engrais !!!


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