Si tu es sage, garde ta maison, aime ta femme sans mélange.
Remplis son ventre, habille son dos, ce sont les soins à donner à son corps.
Caresse-la, comble ses désirs, tout le temps de son existence.
Ne sois pas brutal, la douceur conduira mieux ta femme que la violence.
Son bien-être et son bonheur, voilà ce à quoi aspire son coeur et voilà ce qu'elle attend de toi.
C'est ton amour qui la rend heureuse dans la maison, car si tu la repousses, ce sera pour elle, un abîme.
Ouvre-lui grands tes bras pour qu'elle s'y blotisse, appelle-la et montre-lui ton amour.

(Papyrus Prissé: texte de sagesse de Ptahhotep , vizir sous Isesi, Ve dynastie)

 

 

L'organisation de la famille avait un caractère patriarcal, mais empreint de liberté, de bienveillance et d'intimité. De nombreuses représentations de groupes familiaux, bas-reliefs ou statues, montrent la tendresse qui unissait les époux et leurs enfants.

 

La femme, assise ou debout, passe le bras autour du cou, du torse de son mari, ou encore lui donne la main, tandis que lui, l'enlace à son tour. Les enfants sont près d'eux, souvent représentés en taille réduite et à leurs pieds (comme dans le groupe familial du nain Seneb).

Fonctionnaire et son épouse.
Bois. Ve dynastie.
(vers 2450-2320 av.JC)

Seneb et sa famille.
Calcaire. VIe dynastie.
(vers 2320-2250 av.JC)

 

Cette tendresse affichée par la femme vis-à-vis de son mari se retrouve également dans les représentations de la famille royale.

Khephren et son épouse. Schiste.
IVe dynastie. (vers2565 av.JC)

 

 

 

Khoufou-Kaf, fils de Khephren, et sa femme. Bas-relief en calcaire.
(vers 2630 av.JC)

 

 

 

Dès l'Ancien Empire, la monogamie était la règle. Quelques grands personnages ont eu, en plus de leur femme légitime, une concubine dont les enfants ont à peu près les mêmes droits que les autres.
Seul le Pharaon avait plusieurs femmes dont l'une, la "Grande Epouse Royale", prenait le pas sur les autres. Elle était généralement de plus haute naissance, parfois même de souche royale, afin de préserver la pureté du sang royal et divin. C'est ainsi qu'il n'était pas exceptionnel de voir le roi épouser l'une de ses soeurs ou même l'une de ses filles.

 

L'habillement des femmes, à cette époque, consistait en une robe-fourreau très moulante, généralement en lin très fin, qui descendait de la naissance des seins au bas des mollets, retenue aux épaules par de larges bretelles. Ces bretelles soit montent en ligne droite, soit se croisent. Tantôt elles cachent la poitrine, tantôt elles la dénudent.

 

 

Neset

IIIe dynastie
vers 2630
av.JC.

Calcaire

(Musée du
Louvre)

Robe et bretelles sont généralement de la même couleur: le plus souvent blanches mais de temps en temps jaunes, rouges ou vertes. Parfois, des broderies ou des plumes apportent un peu de fantaisie à cette tenue sobre.


Merséânkh

Ve dynastie
vers 2450
av.JC.

Calcaire

(Musée du
Louvre)

 

Sur cette robe, la femme porte parfois un manteau léger, comme on peut le voir sur ce détail de la statue de Nofret (fin IIIe, début IVe dynastie).
Son habillement se complète de colliers, bracelets aux poignets et aux chevilles.

 

 

La chevelure tombe sur les épaules en une masse de petites tresses, tandis qu'un bandeau orne souvent la coiffure, du moins dans les classes aisées.

 

La robe-tunique en fourreau peut être formée d'une peau de panthère, couvrant l'épaule gauche et tout le corps jusqu'aux chevilles, l'épaule droite restant nue.

 

Stèle funéraire de la princesse Nefertyabet.
(IVe dynastie). Gizeh. Calcaire peint.

(Musée du Louvre)

 

Il est certain que la femme, par ses compétences et ses occupations, jouait un rôle important dans la vie quotidienne, dès l'Ancien Empire.
Certains métiers étaient plus particulièrement féminins, tels la filature et le tissage. Les familles aisées et la cour récompensaient souvent les fileuses et les tisseuses ainsi qu'on peut le découvrir sur les décors muraux d'un certain nombre de tombeaux de l'Ancien Empire. On y trouve assez souvent des scènes dans lesquelles elles reçoivent des colliers comme récompense  pour la qualité de leur travail. Notamment, elles tissèrent les robes somptueusement travaillées des dames de l'époque et les tapis qui sont représentés sur les parois des tombeaux et cercueils.

 

Les charges administratives dont les femmes pouvaient assumer la responsabilité, ne paraissent pas limitées, en théorie. Mais, dans les faits, elles avaient peu de temps à consacrer à une activité professionnelle en-dehors de leurs obligations familiales et ménagères. Chaque famille produisait elle-même, à peu près tout ce dont elle avait besoin. Ainsi, la maîtresse de maison s'attelait à des activités très diversifiées dans le ménage, l'artisanat, l'agriculture... De plus, pour les classes moins aisées, l'accès à l'enseignement était difficile bien que possible.

Pourtant, on trouve quelques femmes parvenues à des fonctions importantes.

Les femmes bénéficiant d'un statut social élevé portaient un nom faisant allusion au roi, comme " Celle qui est connue du roi". Ce titre fut utilisé de la VIe à la XIe dynastie. Mais elles portaient aussi des titres nettement plus administratifs.
Certaines femmes étaient "régisseur" et s'occupaient des magasins de nourriture et de vêtements. Elles pouvaient aussi avoir la responsabilité du tissage, des perruques, de la danse et du chant ou intervenir dans la médecine, le culte funéraire.
La plupart de ces femmes semblent avoir été au service d'autres femmes, dans des maisons privées, et ne pas faire partie réellement de la bureaucratie d'état.
En-dehors de femmes "régisseurs" pour des princesses, il y a des femmes "inspecteur du trésor", "surveillant des ornements" et "surveillant des vêtements". On connaît même une femme "surveillante des docteurs" et l'on pense qu'elle s'occupait de médecins féminins chargés de la santé de la reine-mère. Ou sinon, les médecins étaient généralement du sexe masculin.

En général, si un homme pouvait surveiller l'activité de femmes, une femme ne pouvait probablement pas surveiller des hommes !

Si on compare les fonctions administratives exercées par les unes et les autres, on peut dire qu'elles étaient moins fréquentes et moins diversifiées pour les femmes que pour les hommes.

Quelques-unes de ces femmes de l'Ancien Empire, sont passées à la postérité.

 

Nebet

 

Elle fut "vizir, juge et magistrat" pendant la VIe dynastie.
Elle était l'épouse du nomarque de Coptos et la grand-mère du roi Pepi I. Son titre fut-il honoraire ou effectif ?

 

 

Peseshet

Elle fut la "surveillante des docteurs".
Son existence fut découverte sur une stèle,  dans le mastaba de Ajehotep, à Giza. Lui-même fut "Superviseur des prêtres-du-Ka de la mère du roi". Peseshet était sa mère et non seulement, elle exerça la même fonction que son fils mais surtout, elle fut la première et unique femme dans l'Histoire égyptienne pharaonique, à être "Superviseur des docteurs".  Vraisemblablement, ces derniers étaient des médecins féminins.

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Selon les sources, elle pratiqua à la fin de la IVe dynastie ou pendant la Ve ou VIe dynastie.

 

Sur le plan légal, on dispose de peu de renseignements concernant l'Ancien Empire.
Pourtant, on sait que la femme aussi bien que l'homme pouvait être propriétaire de son propre terrain.

 

Dans son inscription biographique, un personnage officiel du nom de Metjen (IIIe dynastie), raconte qu'il a hérité de sa mère Nebsenet, un terrain de 50 aroures.
Une autre personnalité appelée Tjenti (Ve dynastie) hérite, toujours de sa mère, de 2 aroures.
(un aroure correspond environ à une bonne trentaine d'ares)
D'autres documents officiels montrent que la femme peut hériter de son mari ou que les filles peuvent hériter de leur père.

 

Evidemment, ces textes décrivent la situation de la classe supérieure et nous ne possédons pas de renseignements quant aux droits de la classe moins favorisée...
Mais que possédaient-ils ?...

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