hathor
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Les déesses assimilées à Hathor:

Au fil de son histoire, la personnalité de la déesse s'enrichit de celle d'autres déesses. Les divinités se superposent et fondent leurs caractères distincts en une seule personnalité. Grâce au syncrétisme, Hathor est l'une des déesses les plus riches en facettes car les personnalités assimilées constituent les différents aspects de la divinité.

Le premier de ces aspects, symbolisé par la vache, évoque la maternité: comme génitrice du soleil ou comme protectrice des nécropoles, présidant à la renaissance des défunts. Plusieurs déesses peuvent être représentées sous cette figuration animale et être considérées comme des formes d'Hathor:

BAT: divinité du 7e nome de Haute Egypte, fut assimilée à Hathor à partir du Moyen Empire ( plus de détails, ici). Elle est la première représentation d'une divinité à visage de femme, portant des cornes enroulées et des oreilles de vache.


NOUT:  déesse du ciel, censée avaler chaque soir le soleil et le remettre au monde chaque matin. Elle peut se manifester dans une vache, comme dans le Livre de la Vache du Ciel (voir ici), et est assimilée à Hathor dans ce cas. Comme elle aussi, sous la forme d'un sycomore, elle nourrit le défunt dans l'au-delà.

MEHYTOURET: dans certaines cosmogonies, elle est une vache appelée "Grande Nageuse" qui, flottant sur les eaux du Noun, donna naissance au soleil et l'emporta entre ses cornes jusqu'à la butte émergée.

NEITH: à l'origine, déesse protectrice de Saïs, on lui assigne une fonction maternelle et à l'époque ptolémaïque, elle est assimilée à Méhytourèt et par conséquent à Hathor.

IMENTET: déesse de l'Occident, par son rôle de déesse-mère assurant la renaissance des morts, elle semble être une forme d'Hathor.

ISIS: connue initialement pour son rôle d'épouse et de veuve inconsolable dans le mythe osirien puis pour celui de mère dévouée auprès de son fils Horus, elle prend une importance grandissante dans la religion égyptienne. Aux époques tardives, elle sera confondue avec Hathor dont le culte est toujours très vivace et il deviendra malaisé de différencier leurs représentations. Parfois la présence de leur nom permettra seule de les distinguer ou l'environnement apportera des précisions. Si la divinité est figurée en compagnie d'Osiris, il s'agira plutôt d'Isis; par contre, si elle allaite un enfant, ce sera plutôt Hathor.

En tant que protectrice du foyer et des enfants:

BASTET: est la forme bienveillante de la Déesse Dangereuse , donc également d'Hathor.

TAOURET: qui éloigne tout danger de la femme enceinte. Représentée par un animal hybride: corps et tête d'hippopotame, pattes de lion, queue de crocodile, elle portait sur la tête une couronne composée de cornes de bovidé enserrant un disque solaire. Assimilée à Hathor, elle se charge du défunt pour l'acheminer vers sa nouvelle destinée.

En tant qu'"oeil du soleil": elle apparaît comme une "Déesse Dangereuse" et est honorée comme:

SEKHMET: la déesse-lionne. Selon le Livre de la Vache du Ciel, Rê envoie son oeil, sous la forme de sa fille Hathor, pour châtier les humains qui se sont rebellés. Hathor se transforme alors en la dangereuse lionne.

TEFNOUT: dans le mythe de la Déesse Lointaine, Tefnout, fille de Rê vit en Nubie sous la forme d'une lionne qui dévore tous ceux qu'elle rencontre. Rê envoie Thot pour la ramener à la raison.

PAKHET: le Speos Artemidos fut érigé par la pharaonne Hatshepsout en l'honneur de cette déesse qui exprime le côté effrayant de la déesse Hathor.

En tant que déesse de la beauté et de la jeunesse:

OUADJET: l'incarnation de la jouvencelle dans toute sa beauté et sa jeunesse, représente Hathor-cobra.

Je n'ai énuméré que quelques-unes des déesses assimilées à Hathor. En fait, cette dernière est vénérée un peu partout, sous ses différentes formes, comme divinité soit résidente soit secondaire et elle peut être mise en parallèle avec quasiment toutes les déesses.

les sept hathor

On connaissait Hathor sous sept formes qui jouaient un rôle tant auprès des défunts qu'auprès des nouveau-nés. Elles sont représentées tantôt comme sept vaches tantôt comme sept jeune femmes, coiffées du disque solaire et des cornes de vache, jouant du tambourin et du sistre.
Sous leur forme de vaches, on les rencontre plutôt dans un contexte funéraire et elles sont accompagnées par le "taureau de l'Occident". Leur rôle est de nourrir le défunt et de le protéger. Dans la tombe de la reine Nefertari, chacune porte un nom:

Maîtresse de l'Univers, Orage du Ciel, Toi de la Terre du Silence, Toi du Pays de Kemmis, Cheveux Rouges, Rouge éclatant, Ton nom fleurit au travers de la connaissance.


On les trouve aussi sur des papyrii mythologiques , des peintures de tombes ou des reliefs de temples. Dans le Livre des Morts, le chapître 148: "Pour alimenter un bienheureux dans le monde des morts", se termine par la vignette "les sept vaches et le taureau":


Appartient au livre d'images mythologiques au nom de Nespakachouty, comptable des greniers d'Amon. (XXie dynastie, 1085-950 av.JC.)

Musée du Louvre.

 


Sous leur forme humaine, elles sont présentes à la naissance des enfants et se penchent sur le berceau pour déterminer leur destin. Elles leur insufflent les forces positives qui permettront de vivre en accord avec les lois du Ciel et de la Terre. Au cours de la vie, elles jouent également un rôle dans le domaine "des choses de l'amour" tout en protégeant chacun contre les "esprits mauvais". Les rubans rouges qu'elles portent dans les cheveux servent à lier ces mauvais esprits et à les rendre inoffensifs



Relief mural. Temple de Denderah.

A Denderah, on a découvert ce Chant des sept Hathor, gravé sur un mur:


"Nous faisons de la musique en ton honneur,
nous dansons pour Ta Majesté.
Nous te louons
jusqu'au haut du ciel
Tu es la maîtresse de la joie,
la souveraine des airs de harpe,
la maîtresse des rondes,
la souveraine des couronnes tressées,
la maîtresse de la myrrhe,
la souveraine des sauts.
Nous chantons notre joie devant ta face,
pour toi nous faisons de la musique.
Ton coeur est heureux de ce que nous faisons."


extrait de: René Lachaud. "Les déesses de l'Egypte pharaonique"

A l'époque ptolémaïque, une communauté de femmes "parfaites, belles et bouclées" célébrait les mystères d'Hathor dans les mammisis (maisons de naissances sacrées). Elles formaient la "CONFRERIE DES SEPT HATHOR" ou encore "les Vénérables". Ces jeunes femmes étaient musiciennes, danseuses, chanteuses et maniaient des objets sacrés (vases de vin et de lait, clepsydres, miroirs, collier ménat, sistres sesheshet et sekhem...).

lES "CHAUVES" D'hATHOR

Sous ce nom, se regroupe une sorte de confrérie religieuse post-mortem, où le fidèle est un humble serviteur de la divinité.


Ici, Aménémhat s'est fait représenter avec les emblèmes de la déesse: le visage divin sur ses jambes repliées et son collier-ménat sur les épaules. La main droite ouverte devant la bouche, il implore les offrandes des visiteurs.

(extrait du catalogue: "Les artistes de Pharaon. Deir el-Medineh et la Vallée des Rois". Ed. de la Réunion des musées nationaux, 2002)

 

Tels le petit personnel des hauts personnages, les "chauves" d'Hathor mettent en évidence leur calivitie. Celle-ci signifie à la fois la sagesse liée à la maturité et l'humilité du serviteur. Il agit comme un intermédiaire idéal: trop humble pour pouvoir prendre position vis à vis des requêtes, il est cependant suffisamment proche de sa maîtresse pour lui transmettre les prières.
Dans le cas particulier d'Aménémhat, il se vante de son art de la parole et se dit "artisan maçon de Thot":

"Je suis le chauve dont la Dorée aime les paroles qu'il lui adresse".

Cette tradition apparue au Nouvel Empire, montre des statues représentant des personnages qui se disent "chauves" d'Hathor ou de toute autre déesse assimilée à Hathor. Ils affirment être des interlocuteurs privilégiés, intermédiaires entre les femmes et la divinité à condition que les dévotes massent leur calvitie à l'aide d'onguent et posent pain et bière dans leur main tendue.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

 

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